Malaisie, Penang et Cameron à Melaka et Taman Negara

De retour en Malaisie après trois ans, nous voulions revoir un endroit déjà connu, et visiter une île que nous n’avions eu le temps de faire lors de notre premier voyage. Cette fois-ci nous ne foulerons que la Malaisie péninsulaire et non la partie orientale et ses fameuses plongées sur le site de Sipadan (Ile de Bornéo). La Malaisie est, avec Singapour, le seul pays que nous avons visité en Asie du Sud qui n’est pas en voie de développement mais dit « développé ». A titre de comparaison le salaire moyen malais, de 733,8€, est quasiment identique au salaire moyen portugais 806,47€, et supérieur aux Grecs 685€ !

Nous nous réjouissions de re-gouter aux milles et unes variétés de nourriture dans les food-courts malais. En effet, le pays est composée de 62% de personnes d’origine malaise, 25% d’origine chinoise et 10% indienne. Ce mixte se ressent donc aussi d’un point de vue culinaire. Première étape l’île de l’état de Penang.

Penang

Dès notre arrivée sur Penang, nous prenons la route pour George Town, capitale de l’île. Cette ville est connue en Malaisie pour ses spécialités culinaires de l’empire du milieu, car Penang est le seul état malais à majorité chinoise, principalement  en provenance du Fujian (en face de Taiwan). Selon le guide Lonely Planet, la nourriture est si importante pour les Malais qu’ils ne se demandent pas « comment vas-tu ? » mais « as-tu mangé ? ». George Town est une ancienne ville coloniale qui tient son nom depuis l’époque de la Compagnie anglaise des Indes orientales en l’honneur de George III. La ville est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.

Ce petit bourg est plein de street art (dessins de rue) en son centre historique.

Le plus grand temple bouddhique malais que nous avons été visité, se trouve à quelques kilomètres en dehors de la ville. Le site est gigantesque et comporte une statue de bouddha de près de 37m ! La conception du site, à l’architecture majoritairement chinoise, s’est quand même voulue de plusieurs styles, y-compris thaïlandais et birman. La haute tour blanche ci-dessous en est l’exemple parfait : on peut remarquer le style chinois en bas avec ses avant-toits typiques, le milieu thaï très détaillé et la coiffe en pagode birmane.

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Pour prendre un peu de hauteur nous avons pris le funiculaire jusqu’à Penang Hill. Nous avons croisé nos premiers Trachypithecus obscurus obscurus (ou « singes feuilles sombres » traduit de l’anglais).

Toute la partie nord-ouest de l’île est un parc national (la première zone protégée créée en Malaisie). Plus de 1’000 espèces différentes de plantes y vivent dans cette forêt tropicale entourée de plages. Il y a de nombreux singes (macaques et « feuilles sombres »), tortues et d’autres animaux typiques d’Asie du sud-est.

Après la magnifique Penang, nous partons avec notre bus de nuit passer quelques jours dans une région qui nous est déjà connue, les Cameron Highlands !

Cameron Highlands

Après ces quelques mois de beau et très chaud, nous avions envie de retrouver un peu de fraicheur dans les Cameron Highlands. Comme son nom l’indique, les terres sont en altitude avec un climat humide et plus frais que le reste de la Malaisie péninsulaire. Ce lieu est propice à l’agriculture et a attiré de nombreux exploitants de thé.

Nous nous sommes baladés dans les différentes plantations de thé, les sublimes collines crépies d’arbustes de thé d’un vert éclatant. En stop, nous avons rencontré un charmant couple de Malais d’origine indienne qui nous ont déposé devant l’entrée du domaine le plus réputé de la région BOH (Best of Highlands).

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Les alentours de Tanah Rata (ville principale servant de point de départ des différentes excursions) est entourée d’une quinzaine de treks dans la forêt/jungle d’altitude.

Après quelques jours au frais nous voici repartis pour la capitale, Kuala Lumpur, juste pour un transit.

Kuala Lumpur

La capitale et une mégalopole et surtout un des plus gros hub d’Asie du sud-est. Dans le centre d’affaire on peut y trouver les deux tours jumelles les plus hautes du monde, les tours Petronas. Nous y sommes restés qu’une seule journée.

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Pour la première fois de notre voyage, nous avions deux envies différente et qu’une semaine. « Non Monsieur, je ne viendrai pas avec toi dans cette jungle à dormir dans un hamac au milieu des araignées et des serpents ». Vous l’aurez compris, les loulous vont se séparer…. 5 jours ! Adrien veut faire son Tarzan à Taman Negara et Delphine sa princesse à Melaka.

Melaka

{Delphine} Malacca pour les Anglais, Man-la-chia pour les Chinois, Malaka pour les Hollandais, Maracca pour les Japonais, Malaca pour les Portugais. Les Malais quant à eux l’entendent et prononcent « Meu-la-ka ». Jumelée entre-autre avec Valparaiso (Chili) et Lisbonne (Portugal), cette ville est aussi jolie que ces dernières ! En effet, classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO depuis 2008 (comme George Town), mon choix s’est porté sur elle pour sa beauté et sa diversité.

Cette petite ville coloniale possède le plus ancien port de Malaisie fondé au alentours de 1400. Elle fut marquée par la présence des Portugais, des Hollandais, des Anglais, des Japonais. Ville multiculturelle, comme souvent en Malaisie, elle connait un mixte de cultures et de religions passionnantes. En se baladant, nous pouvons constater des vestiges de la colonisation comme la colline Saint-Paul où se trouve des ruines de fortification portugaise, le Dutch square qui est un quartier hollandais et certains bâtiments de style architecturale britannique. Quartier chinois, indien, … quel voyage en 5 jours !

Je me suis régalée en cuisine indienne dans une sorte de cantine de rue qui servait la nourriture sur une feuille de bananier. J’ai pu manger avec les doigts comme les locaux sous leur regard intrigué et amusé. Un délice toutes ces saveurs !

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Une fois j’ai osé me déplacer dans l’un de ces nombreux « rickshaw ». Le mot descendrait du japonais « jinrikisha », « jin » pour « homme », « riki » pour « puissance » et « sha » pour « chariot ». C’est donc un vieux moyen de transport qui a été customisé en tricycle kitsch, lumineux et coloré avec musique ! A mon retour, je pense faire une demande à la commune d’Yverdon-les-Bains pour qu’on puisse circuler en rickshaw à la rue du lac 🙂

Une atmosphère détendue, une douceur de vivre règne à Melaka. Se balader au soleil en logeant la rivière, s’arrêter devant des décorations originales, prendre un jus de fruit dans un café et s’imprégner un peu de l’ambiance de la ville.

Le soir, je me suis rendue au marché de nuit et en passant dans une ruelle, je suis tombée sur un jeune aveugle qui jouait tous les soirs du synthé devant chez lui. Il réussit à me toucher tant il était doué et laissait apparaitre sa sensibilité au travers de ses notes. Je me surprends à rester l’écouter une bonne partie de la soirée.

Le lendemain, j’ai découvert un petit musée d’antiquité qui était tout bien emménagé. En fin de journée, j’ai profité d’aller contempler la magnifique mosquée flottante durant le couché du soleil.

Melaka a été pour moi, mon premier séjour seule et cela a été une jolie expérience que je referai volontiers ! Cependant, il me tarde de revoir mon loulou car, oui après 6 mois de voyage, le manque se fait ressentir après 5 jours ! Il faut avouer qu’il est quand même de bonne compagnie 😉

Taman Negara

{Adrien} Pendant ce temps-là, je suis parti pour l’une des plus vielles forêts tropicales du monde d’environ 130 millions d’années, Taman Negara. Jungle très humide qui attire quelques touristes et fait vivre en son centre un peuple en autarcie les Orang Asli. Ce sont les seuls à être autorisé à y chasser. Aucune exploitation minière n’y est autorisée et même les plantations d’huile de palme (pour Nutella et nos biocarburants) ne sont autorisées. Un joli trek de 4 jours 3 nuits m’attend au départ de Kuala Tahan. Après un bref passage dans le village de Kuala Tembeling, pour acheter notre billet du parc et prendre une pirogue pour le village d’entrée de la jungle. Arrivée à Kuala Tahan dans l’après-midi, petit village sans aucun charme mais passage essentiel pour le trek. L’après-midi rencontre à l’agence avec mon guide et avoir les explications du programme des ces prochains jours. Le lendemain matin tôt, nous avons dû traverser la rivière en bateau pour commencer notre aventure dans la jungle avec deux Danois (PS: If you read this, I wait your pics please !) et notre guide (Fahmi). Ce dernier est un ancien Orang Asli qui connait la jungle comme sa poche (ce sont les seuls à être autorisé à être guide ici). Après la traversée de la rivière, passage au check-point vers les rangers pour fouille du sac (vérification de ce qui rentre dans la jungle, et pousse à la récupération de ses déchets) ainsi que pour les taxes d’appareils photo, portable et autre. J’ai du payé pour mon portable ainsi que pour ma go-pro… sans batterie, aïe ! (Delphine ayant l’appareil, la go-pro vide, je n’ai donc presque pas de photos.)

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Carte de la région prise sur google

Au menu de la journée : traversée d’un pont dans les arbres, pirogue et marche. Très vite l’humidité nous rend aussi mouillé que si nous étions tombés dans la rivière. En s’enfonçant dans la jungle, une surprise nous attend… Les sangsues ! Ces gentils et pacifistes petits invertébrés se posent sur les feuilles et buissons à hauteur de mollets et attendes leurs proies… Dès que vous vous en approchez, elles s’étirent de toute leur longueur pour vous toucher à votre passage et s’y accrocher. Une fois sur vous, elles grimpent et se faufilent sous le pantalons, sur vos mollets pour s’y repaître. Leurs morsures sont totalement indolores grâce à leurs analgésiques (quel altruisme !). Heureusement et contrairement aux autres vampires, les moustiques, elles ne transmettent aucune maladie, et vous laissent seulement une marque ensanglantée après leurs passages. Au début, j’ai fais attention à cela et les chassais au fur et à mesure, puis j’ai compris que le plus important était de mieux regarder où je mettais les pieds que de passer mon temps à la chasse aux sangsues… Nous avons vu de magnifiques oiseaux, serpents, rats, araignées et entr’aperçu nos premiers singes, entendu le brouhaha permanent de la jungle et appris à reconnaitre les premières empreintes d’animaux.

La deuxième nuit s’est passée dans une grotte. Notre guide nous a préparé un petit repas dans la grotte en compagnie de quelques rats (habitués des restes je pense). La vaisselle et la douche se font plus bas dans la rivière. Cours d’eau un peu froid, mais quel bonheur de se rincer après une journée dans l’humidité ! Avec les bruits de la jungle et n’étant pas routinier de dormir dans ce petit « Hilton », je n’ai pas fermé les yeux bien longtemps.

Le lendemain, après avoir mis nos chaussures encore mouillées de la veuille, départ pour 13 kilomètres de marche en pleine jungle et visite d’une grotte aux chauves-souris. Malheureusement, il avait plu cette nuit-la ! Le sol était donc trempé, et l’avancée n’était que plus difficile. Totalement trempés jusqu’aux os, de l’extérieur par les gouttes tombants des arbres ainsi que le frottement aux feuilles mouillées et de l’intérieur par la transpiration. Mais heureusement cette partie désagréable est vite oubliée avec la beauté de la nature.

Troisième nuit en hamac imperméable. La journée qui suivit fut plus tranquille. Petite marche jusqu’à un village d’Orang Asli, apprentissage du tir à la sarbacane et explications sur leur mode de vie nomade. Ils sont complètement en marge de la société, ils n’ont aucun papier d’identité et ne sont pas Malais. Ils sont juste là, à vivre dans cette forêt… Cela ne les empêche pas de vendre un peu d’artisanat et… un masque de Donald Trump :). A la fin de la visite, petite démonstration d’allumage de feu par friction. Tous les Orang Asli hommes doivent savoir faire un feu (les femmes le savent aussi très certainement), sinon ils n’ont pas le droit de se marier !

Puis retour en pirogue à Kuala Tahan. Le troisième soir : visite d’une tour d’exploration de nuit. Le quatrième jour : visite du « canopywalk » (long pont suspendu pour admirer la canopée). Finalement, départ pour Kuala Lumpur pour revoir ma loulou qui m’a manqué avant de nous envoler pour le pays le plus au sud d’Asie du sud-est, l’Indonésie.

 

Une réponse sur « Malaisie, Penang et Cameron à Melaka et Taman Negara »

  1. Super ! Merci encore pour ce récit. Le vert presque fluo des plantations de thé est magique et cette jungle incroyable. Les textes de Loulou sont parfait comme la prose de Loulou. Les photos toujours superbes mais dommage qu’il manque quelques images de la jungle profonde ou un enregistrement des sons, cris, bourdonnement de jour comme de nuit. Ce doit être inoubliable.
    Merci et vivement la suite.
    Bisous Pascal

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